On poursuit la descente du Pérou, avec un arrêt à Huaraz, dans la cordillère Blanche. Il s’agit de la deuxième plus grande chaîne de montagne du monde (après l’Himalaya), avec 35 sommets à plus de 6000 mètres sur 180 km de long. Un paradis pour les randonneurs ou les amateurs d’alpinisme (d’ailleurs, on parle plutôt d’andinisme ici).
La ville de Huaraz a des airs de Pokara au Népal (et oui, on ne peut s’empêcher quelques comparaisons) : belle vue sur les montagnes, ainsi que tous les magasins et agences pour préparer des treks. En plus la ville est à 3000 mètres, parfait pour passer quelques jours pour s’acclimater à la hauteur en prévisions du trek à venir.
Sur place on retrouve Guillemette et Lionel, eux aussi en plein préparatifs. On ne fera pas le trek ensemble car ils passent par une agence et nous partons en autonome.
On commence par une randonnée d’acclimatation sur la cordillère Noire, qui est en face de la cordillère Blanche, et on profite donc d’une superbe vue pendant toute la randonnée.
On continue l’acclimatation avec un lac de montagne (la laguna Churup : 4500m), une montée assez raide avec une partie vraiment abrupte et au final une très belle vue avec le lac, le glacier et les pics. Ce jour là, nous sommes les seuls à monter, nous sommes au début de la saison des pluies et il y a relativement peu de marcheurs. Le temps est encore au beau fixe depuis 15 jours mais c’est un peu extraordinaire et ça ne devrait pas durer…
Le temps est en train de changer, les montagnes sont plus chargées le matin et le soir, on décide de ne pas traîner avant de commencer le trek. Il s’agit du trek Santa Cruz, le plus célèbre de la région, mais comme on n’est pas en pleine saison, il n’y a pas grand monde. Ce n’était pas le trek qu’on voulait faire au départ mais c’est le plus accessible en autonome, surtout à cette saison. On part pour 4 jours, peut-être 5, en totale autonomie pour camper à 4000 mètres…du coup les sacs sont un peu lourds :-(
Les deux premiers jours se passent avec un temps assez clément, il pleut seulement par intermittence en fin d’après-midi. On profite des beaux paysages et de la tranquillité. Malheureusement pour moi (Mikael), j’étais en petite forme physique et du coup les 2 premiers jours ont été assez difficiles, le mental a du prendre le relais sur les jambes. Mais heureusement Olwen a bien tenu son rôle de chef d’expédition, c’est l’avantage d’être à deux : quand l’un est à plat, l’autre prend le relais.
En chemin, on croise Guillemette et Lionel qui font le trek dans l’autre sens. De notre côté, on se débrouille toujours bien pour monter la tente et cuisiner au sec, on à même droit à un soleil de plomb à l’arrivée du deuxième jour (après avoir attendu une demi-heure que la pluie cesse tout de même). Le campement avant le col est vraiment dans un cadre magnifique.
Le lendemain, le temps n’a pas l’air de vouloir se découvrir, on plie le camp et on commence la montée sous la pluie. On s’est allégé un peu en partant : on laisse la nourriture qu’on avait en trop, on se dit qu’elle pourra servir à des gens qui seraient partis trop légers, ou à des muletiers ramenant leur bêtes. La vue est assez jolie en regardant derrière (la vallée est un peu dégagée), par contre devant c’est bouché bouché ! La montée n’est pas trop difficile (ouf, j’ai repris un peu de poil de la bête) malgré le chemin qui se confond avec le ruisseau. La passe est à 4750 mètres, avec une belle faille. Autant de notre côté la vallée était à peu près claire, autant de l’autre côté c’est le brouillard complet !
S’en suit une journée de descente, avec la vue qui s’éclaircit au fur et à mesure. On pose la tente avec une belle vue sur un gros glacier, arrêt vers 14h30, on profite de notre dernier campement.
En descendant, on a croisé un groupe d’une dizaine de touristes qui faisaient le trek dans l’autre sens. Ils avaient choisi la version économique par agence et ils ont eu quelques désagréments : à cause des pluies, ils n’ont pas pu commencer leur trek le premier jour, ils ont donc décidé (eux ? l’agence ?) de faire les deux premiers jours en une journée avec un départ à 5h30. Nous les avons croisé avant la montée du col. Normalement les mules avec l’équipement précèdent les groupes afin que le camp soit prêt quand les gens arrivent. Dans leur cas, les mules étaient toujours derrière, on les a finalement croisées deux heures plus tard (en descendant pour nous !). Apparemment une mule s’est blessée sur la route, on apprendra plus tard que les mules et les affaires sont arrivées à 21h au campement. Heureusement, il y a une grande cavité pour s’abriter en attendant. Ils ont du apprécier les barres céréales que nous avions abandonnées le matin :-) Petit plus : le cuistot avait trop picolé la veille du départ et a été incapable de leur préparer le petit dèj le matin du départ, il n’était toujours pas frais quand nous l’avons croisé.
Pour la dernière étape, il s’agit de rejoindre le village de fin avant midi, car il n’y a à priori plus de transport plus tard.
On passe à côté d’une école et de fermes, il y a même des auberges…plutôt rustiques :-) On est en pleine période électorale, les maisons sont taguées aux couleurs des candidats : qui du condor ou de l’épi de maïs va gagner ?
Il y a même des élevages de cuys (les cochons d’indes), ils sont très mignons…mais aussi très appétissants : il y a en un qui finira dans notre assiette le soir à Huaraz :-)
Le retour se passe plutôt bien avec un petit bonus trajet voiture : on a pris le minibus en arrivant avant onze heure, après une heure de route de montagne, il a fait demi tour pour repasser vers 13h au même endroit où on l’avait pris, mais dans l’autre sens ! Il n’y a pas trop de transport dans le coin et le chauffeur a voulu être gentil en nous prenant à l’aller pour être sûr qu’on est de la place au retour… les deux heures en plus de routes de montagne : c’est offert par la maison :-) La route a ensuite été magnifique jusqu’au retour à la civilisation.
Ce séjour montagnard a été vraiment beau, on repart plein de souvenirs et de belles images. On retiendra aussi qu’il faut encore alléger nos sacs à dos pour randonner en autonomie confortablement : 17-18 kg chacun tout compris c’est un peu trop. La prochaine fois, objectif 12 kg pour Olwen et 14 kg pour Mika.
Pensée spéciale aux amateurs de randonnées : Nadette, Monique et Alain, Riri et Caro et tous les autres, encore une très belle région remplie de randonnées très belles, de tous les niveaux et toutes les durées.
Maintenant cap au sud toujours, prochain arrêt à Nasca où nous prendrons là aussi de la hauteur…
PS : toutes les photos sur Picasa : Huaraz et le trek Santa Cruz